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Каверина Д. А. La langue française face à la globalisation // Молодой ученый. — 2014. — №21. — С. 775-778.

Le français est la langue du développement dans de nombreux pays francophones: langue des apprentissages fondamentaux, moyen de communication nationale et d’intégration régionale, moyen aussi d’accéder aux enceintes internationales. Le développement du français contribue à la diversité linguistique et culturelle, qui est l’une des grandes causes défendues par la France sur la scène internationale. La valorisation du français comme outil d’aide au développement accompagne le soutien apporté aux systèmes éducatifs en Afrique qui regroupe, à elle seule, plus du quart des francophones et le tiers des apprenants de français du monde entier.

Nous sommes en outre invités à en considérer les spécificités: si toutes les sociétés francophones sont aujourd'hui aux prises avec certaines inquiétudes linguistiques, elles constituent cependant autant d'idiosyncrasies. Il faut donc revenir à l'empirie. Mais il s'agit d'une empirie qui doit aller au-delà des indicateurs linguistiques. Tout aussi indispensables que les indicateurs économiques d'usage plus courant, ils ne permettent pas cependant de cerner une réalité éclatée, mouvante, et qui se trouve au centre de tant d'influences. Les forces qui sont en cause dans l'usage des langues peuvent être identifiées, mais l'avenir des langues peut difficilement, dans le contexte actuel de mondialisation, faire l'objet de pronostics fondés sur des inférences statistiques.

L'objectif de la prospective linguistique est de faire des projections sur les langues, à partir d'une analyse de leurs situations passées et présentes. La présente étude s'interroge sur le devenir de la langue française dans la mondialisation. C'est à l'échelle mondiale que les échanges économiques et techniques se réalisent aujourd'hui. Des accords économiques et politiques engagent des États parfois répartis sur plusieurs continents. Dans ce contexte, les questions linguistiques peuvent paraître subsidiaires. Pourtant, l'internationalisation de la planète laisse intact le problème des identités nationales et culturelles. Certes pour qu'une langue demeure vivante, il faut qu'elle soit en mesure d'exprimer le monde moderne dans toute sa diversité et sa complexité.

Force est de constater, cependant, que les conséquences linguistiques de l'émergence de ces nouveaux espaces de communication publics sont, à ce jour, encore mal connues. Pourtant, au coeur de ce formidable mouvement de mondialisation, des réseaux d'échanges denses et étendus sont mis en place. Les langues en sont le vecteur essentiel et constituent un enjeu capital.

La mondialisation génère chez les Français de la crainte pour la France et leur situation. Ils ont tort. Il a existé d’autres moments dans l’Histoire de mondialisation (que l’on pense à Rome). Le développement d’une langue n’est pas seulement fonction de la puissance politique, militaire et économique de ceux qui la parlent. Certes, les grandes langues sont liées à l’empire mais une domination linguistique ne s’établit jamais d’elle-même. Elle est le résultat d’une volonté linguistique politique.

La langue française a triomphé avec Versailles et les Lumières, mais subit rudement le choc de l’Amérique et de la mondialisation. La bataille est-elle perdue?

Ca nous rappelle une histoire mouvementée, fait le tour du monde des fidélités, des avancées et des reculs et décrit l’action des officiels et des militants.

Deux grands champs de bataille apparaissent:

-        les entreprises

-        l’Afrique, de l’Algérie, où le français a miraculeusement tenu bon, jusqu’au fond du Congo, car c’est là qu’il y a les gros bataillons… mais aussi les gros problèmes.

Finalement, la mondialisation profite à l’anglais, mais aussi au français. Et d’immenses progrès sont possibles si le travail et le dévouement des étrangers qui défendent langue française cessent d’être bridés par des travers étatiques et bureaucratiques.

Il existe 200 millions de francophones dans le monde, ce qui fait du français la 9ème langue parlée dans le monde. La langue de Molière est la 2ème langue étudiée dans le monde avec 85 millions d'apprenants. On se réjouira de ce classement ou on se lamentera sur le sort du français qui a perdu son statut de langue de la diplomatie au profit de l'anglais.

Pour faire le point sur l'avenir de la francophonie, a récemment accueilli un colloque international consacré à la géostratégie de la langue française. En préambule, Philippe Etienne, directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères, a rappelé que la force d'une langue ne se réduisait pas seulement au nombre de locuteurs mais également au «public prescripteur et influent»: étudiants, chercheurs, intellectuels.

Comme mode de classification des auteurs de langue française, c’est une catégorisation vexatoire et discriminatrice, puisqu’elle sert en fait à faire des écrivains en français (mais non français de nationalité) des écrivains d’à-côté, des presque pareils ou même des étrangers.

Le sociologue Dominique Wolton, pour sa part, reconnaît un fait français très positif: «la France se bat pour la langue, pour l'éducation et pour la culture»; il n'en énumère pas moins plusieurs «faiblesses»: le français n'est plus la langue de la politique, il n'est pas la langue des affaires, il n'est pas la langue des sciences et des techniques. Scrutant la scène informationnelle mondiale, Dominique Wolton constate que «la France a perdu la bataille de la communication». Pour gagner de nouveaux locuteurs francophones, il préconise d'accepter un usage du français qui ne serait pas le français académique: "400 mots de français international comme il existe 400 mots d'anglais international parlés par à peu près tout le monde»...

Le discours politiquement correct en matière de langues se développe souvent sur deux thèmes, celui de la richesse qu’apporterait la multiplicité des langues et celui, complémentaire, de la déploration de la mort des langues (» Une langue disparaît tous les quinze jours «, l’Express, novembre 2000). En fait, le bon sens nous apprend que la mort des langues, comme celle des cultures, est inscrite dans le temps (Valéry écrivait déjà:» Nous autres civilisations savons désormais que nous sommes mortelles «…). Le sens commun constate, chaque jour, que la diversité des langues est bien plutôt un embarras coûteux et malaisément surmontable qu’un facteur de richesse et d’harmonie. On oublie, à cet égard, que, dans le mythe de la Tour de Babel, la multiplication des langues est un châtiment infligé à l’humanité et non pas une récompense.

Le cas de la construction de l’Union européenne le démontre à l’évidence sur plusieurs plans et j’illustrerai mon propos par cet exemple, mais aussi par le cas de la langue française dans cet ensemble, en prenant, parmi d’autres, deux domaines particuliers où l’UE investit beaucoup, précisément pour tenter de faire face à la diversité linguistique: d’abord les systèmes universitaires, ensuite la gestion de la multiplicité des langues aux plans politique et administratif.

Aux francophones, la mondialisation lance donc un défi particulier, un défi distinct comme dans société distincte. Pour l'homme et la femme de culture française, il ne s'agit pas de dépasser sa culture particulière pour accéder à une culture universelle mais de changer de culture universelle. La mondialisation réalise la victoire finale du protestantisme sur le catholicisme. L'universel français catholique succombant après des siècles devant le particulier anglo-saxon érigé en valeur universelle. Il y aurait tant à dire. Autre exemple, le marché, unique espace commun de l'humanité, tente d'éliminer le politique et la culture, piliers de l'universalisme français. Face au formidable défi de la globalisation, l'humanisme n'est pas l'apanage des francophones ni l'esprit universel une exclusivité de la francophonie. Néanmoins, la culture française forme un tout cohérent dont les choix éthiques illustrent, avec une particulière pertinence, cet amour de la diversité et du partage au sein de l'universel.

Comment se porte la langue française dans le monde? Telle est la question que se pose Yves Montenay, enseignant à l’ESCP-EAP, dans son dernier ouvrage, La Langue française face à la mondialisation, qui paraît aux Belles Lettres. De nombreuses thématiques y sont abordées. Si les pages traitant de l’histoire de la diffusion du français ou de l’actuelle répartition des francophones dans le monde sont purement descriptives et n’apportent finalement pas grand-chose de neuf, en revanche l’éclairage porté sur l’influence grandissante de l’anglais est tout à fait intéressant. Il en va de même de la fin de l’ouvrage qui permet au non-initié de s’orienter au sein de cet édifice complexe qu’est devenue la francophonie institutionnelle.

Plus qu’une étude, l’ouvrage d’Yves Montenay est un essai, tour à tour pamphlet et plaidoyer. Ainsi, au moment de traiter de la francophonie institutionnelle, l’auteur n’hésite pas ici à s’engager et à évaluer l’efficacité respective des différents organismes, publics et privés, en charge de la promotion et de l’enseignement de la langue française à l’étranger. Si le constat est sévère, notamment pour ces institutions publiques que sont les centres culturels, le jugement de l’auteur n’en apparaît pas moins, sur ce point, sûr et étayé.

Il n’en va hélas pas ainsi tout au long du livre. En effet, si le projet de l’auteur semble tout à fait louable, sa démarche est plus contestable: le corpus des sources n’est pas clairement défini et semble somme toute un peu maigre. L’auteur fait ainsi très fréquemment référence à son expérience personnelle, quitte à basculer dans le narcissisme. Lorsque ce n’est pas sur son expérience, l’auteur s’appuie sur des témoignages d’acteurs, trop succinctement présentés et sans préciser les conditions dans lesquelles ont été recueillis leur propos. Autre source fréquemment utilisée, les articles de journaux, exploités, usés jusqu’à la corde.

C’est la foi du combattant de la francophonie qui importe ici et le message qu’il délivre: l’anglais, ou plutôt sa version abâtardie à usage mondial, menace le français jusque dans les contrées où celui-ci est traditionnellement solidement établi: en Afrique francophone, mais aussi en France même où de nombreuses entreprises incitent — quand elles ne forcent pas — leurs employés à travailler en anglais, au mépris de leur culture et quitte à restreindre leur capacité d’expression. Appel à la vigilance, l’ouvrage d’Yves Montenay souligne aussi les raisons d’espérer en mettant en lumière les progrès à venir du français en Asie et en Amérique latine, terres traditionnellement peu propices à son épanouissement.

Les phénomènes globaux tels que la mondialisation et l'émergence de la nouvelle économie affectent les conditions locales de (re)production des communautés francophones en Amérique du Nord. À partir de l'examen de deux cas, à savoir l'immigration francophone à Toronto et l'émergence de la nouvelle économie dans la Péninsule de Niagara, nous verrons que les mutations en cours ont un impact sur la mobilité sociale et sur la mobilité géographique des francophones. La nouvelle configuration des communautés francophones dépend de l'intérêt des locuteurs du français disposant de répertoires linguistiques complexes, de pratiques sociales et langagières variées, de divers positionnements et représentations, bref d'identités multiples, de s'associer à des communautés d'appartenance francophones. Cet intérêt dépend à la fois de la valeur de la langue française comme capital matériel et symbolique et comme facteur d'identification et d'intégration culturelle et communautaire.

Mais qu'en est il passé au point aujourd'hui où on note la chute du pic de ce français recherché? Les conséquences découlant de ce constat fait au niveau des difficultés restent l'une des causes de cette chute. Quant à la seconde cause, elle sera assimilée à la mondialisation ou la globalisation. Ainsi la " mondialisation " définit comme un processus qui crée des connexions et des interdépendances économiques, politiques et sociales entre les gens de cultures, de religions et de bases sociaux économiques différentes. Les liens entre les communautés humaines ont toujours existé mais les récentes avancées technologiques et la libération du commerce ont accéléré le processus d'intégration économique, fondé sur le système capitaliste. La mondialisation engendre autant de craintes que de nouvelles opportunités. De plus en plus ce concept de la mondialisation offre une chance aux jeunes et les gens marginalisés de provoquer des changements, à des niveaux non seulement locaux et nationaux mais aussi internationaux. Ces systèmes de communication mondiaux sont en train de changer rapidement les perspectives culturelles de bien des gens de nos jours. Des éléments positifs émergent de ces systèmes dans les échanges culturels mondiaux. Cependant la tendance actuelle surtout parmi les jeunes est d'adopter automatiquement une culture mondiale plutôt que d'effectuer un échange. Les principes et coutumes commercialisés de l'Amérique qui dominent ces réseaux mondiaux sont considérés " un cool " par conséquent n'ont aucune valeur. C'est dans ce cadre que bon nombre de jeunes s'inscrivent en adoptant un style de vie à l'anglo-saxons. Leurs différentes aspirations, leurs attitudes et autres sont américanisées. Rien ne peut échapper à cette métamorphose. Le francophone est confrontée à ce problème car la connaissance de l'anglais est primordiale et devient un atout incontournable. Ainsi depuis l'invasion américaine et la colonisation par le net, la jeunesse francophone a subi d'énormes changements dans leur vie quotidienne.

Cette situation par exemple dans le cas des entreprises amène les responsables bilingues sans le savoir à laisser infiltrer des tics ou onomatopées dans le parler courant. Cela se remarque également au niveau des diplomates. Tertio, les jeunes sont sans arrêt pris pour être la tradition et le progrès. Les changements dans les technologies de l'information et la globalisation remettent en question leur valeur. D’une manière générale, les études sur les jeunes des pays en voie de développement démontrent que les jeunes attachent plus d'importance à les langues maternelles qui constituent un pied d'achoppement de cette dénaturation. Les jeunes sont éduqués pour la plupart du temps dans ces langues, malgré que le français constitue la langue de travail. Somme toute la dénaturation est un fait évident dont il faut tenir compte de plus en plus. Mais aujourd'hui on observe un refus catégorique de cette évolution. Si les autres langues (espagnol, anglais …) ont du accepter cette évidence, il serait tant que la langue française rentre dans la danse de l'évolution. On parle déjà de divers français (africains, canadiens, français). Il y a une émission diffusée sur RFI (Radio France Internationale) qui s'inscrit dans ce cadre. Cette émission s'intitule " Le français des Africains ". Elle fait également la promotion du dictionnaire africain. La langue française aurait plus d'intérêt à rester ouverte aux différents mots découlant du problème d'acculturation. Il ne faudrait pas ignorer que 2/3 des pays sous-développés font partir de ce monde francophone.

Pour comprendre la situation actuelle du français, il est indispensable de commencer par retracer sa lente évolution, depuis ses origines latines. Sous l’Ancien Régime, l’Europe des élites parle le français, langue des arts et de la diplomatie par excellence. L’Académie de Berlin s’interroge, lors de son concours annuel, sur les raisons qui font du français la langue universelle.

Les évolutions économiques, les révolutions industrielles, l’expansion du commerce mondial marquent le début du recul de la France sur la scène internationale (et donc de son idiome) au profit de l’anglais parlé au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis. La mondialisation actuelle consacre cette nouvelle hégémonie linguistique; au-delà des simples mécanismes de diffusion, c’est une part de l’idéologie libérale occidentale qui se répand et imprime toutes les cultures.

Ce tableau ne doit pas faire oublier que le français est encore très parlé. A la surface du globe, de nombreux groupes de populations l’utilisent encore, pour des raisons historiques (comme en Afrique, en Amérique du Nord) ou culturelles (comme en Europe centrale où le français était largement enseigné même pendant la période communiste). Pour ces groupes le français est une part de leur identité et un vecteur de leur culture.

Aux vues et aux sues de tout ce qui a été dit nous constatons une fois de plus que la langue française aura intérêt à être moins sévère en allégeant ses tournures et vocables. De plus en plus il faudra tenir compte du français parlé comme substance de communication qu'au lieu de vouloir coûte — coûte s'accrocher au français de type snobé. Il est primordial d'insister que bon nombre d'africains et en particulier les béninois n'ont pas la culture de la lecture. Dans le but de relever le niveau du français quotidien au niveau standard, la promotion du livre et de la lecture restent la seule alternative. La réflexion menée au départ a rejoint la grande question: Comment associer la lecture d'un livre à un plaisir? Le plaisir de lire commence par un plaisir visuel et tactile de cet objet qu'est le livre.

L’usage du français ne recule pas de façon homogène ou absolue, il recule au niveau institutionnel, en tant que langue de travail à l’ONU et en l’Europe. En nombre de locuteurs langue maternelle et en nombre d’apprenants à travers le monde, il n’y a jamais eu autant de monde, comme le montrent les chiffres de l’OIF transmis par les pays membres.

C’est un fait indéniable, le français est de moins en parlé à travers le globe; chaque jour, il perd des positions face à l’anglais. Les instances créées pour asseoir ses positions, comme la Francophonie, ne semblent pas suffisantes pour contrer l’hégémonie de la langue de Shakespeare et de Bill Gates. Pourtant, dans un contexte de «choc des civilisations» en proie à de multiples affrontements et à de nombreuses recompositions, la langue française a un rôle à jouer et au-delà une vision du monde à promouvoir.

 

References:

 

  1. Jean-Gérard Lapacherie, «La littérature sans le monde», septembre 2007
  2. La Langue française face à la mondialisation, 2001, 267 p, Yves Montenay
  3. Les Belles Lettres, 700p, Yann Calbérac, septembre 2005
  4. http://www.francophonie.org/IMG/pdf/Synthese-Langue-Francaise-2010

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