Библиографическое описание:

Ширинова Р. Х. Le problème de la mentalité dans la traduction littéraire ou Une étoile ouzbèque dans le ciel français // Молодой ученый. — 2015. — №23. — С. 1106-1109.



 

В статье анализируется произведение узбекского писателя Чулпан “Ночью и днём” в соответствии с переводом на французский язык. Особенно рассматривается воссоздание проблемы менталитета в переводе.

Ключевые слова: художественный перевод, проблемы менталитет, национальной колорит, реалия и национальной своеобразия.

 

Les relations culturelles franco-ouzbèques se manifestent surtout bien dans le domaine des belles-lettres. La traduction directe du français en ouzbèque et de l’ouzbèque en français des ouvrages littéraires a connu un bon dévéloppement durant les dernières dizaines d’années. L’analyse de certaines d’eux a abouti à des résultats très intéressants.

La transmission adéquate de la mentalité nationale dans la traduction littéraire est un des problèmes opportuns.

Le problème de transmission de la mentalité nationaleétant l’un de tâches essentielles de la traduction, ses principes n’ont pas complètement été élaborés jusqu’aujourd’hui. Ceci étant, dans les traductions des ouvrages littéraires du français en ouzbèque et de l’ouzbèque en français effectuées avant et durant les années d’indépendance de la République d’Ouzbékistan on observe des difficultés dans ce domaine.

Dans cet article nous allons essyuer d’analyser les moyens de transmission de la mentalité et des mots de réalité ouzbèques dans les traductions françaises. Pour notre recherche nous avons choisi l’original du roman «Nuit et Jour» de Tchulpân (Abdoulhamid Soulayman), écrivain ouzbek du début de XXème siècle et sa traduction française. En ouzbèque le pseudonyme «Tchulpân» signifie «l’étoile de l’aube».

Malgré que le roman de Tchulpân fut écrit il y a quatre-vignt ans, il ne cesse pas de passer de main en main même de nos jours. Aujourd’hui le roman a été traduit en français, la première langue occidentale, pour faire connaître aux français l’histoire et la culture ouzbèque de la fin du XIXème — debut du XXème siècles. Le roman, comme l’indique son nom, se compose de deux partie: la «Nuit» — terrible histoire du peuple ouzbek, l’invasion de Turkestan par l’armée de Tsar à la deuxième moitié du XIXème siècle (1868), le «Jour» — la vie des ouzbeks après la Grande Révolution d’octobre 1917. Malheureusement c’est ne la première partie du roman que nous a parvenue, la deuxième étant écrite à la prison où l’auteur était déténu, fut brulée par l’administration.

Le rôle des traducteurs est incontestable dans la connaissance des autres civilisations. La première partie du roman (ce qui existe en ouzbek) fut traduite en français par Stéphane Dudoignon et publiée aux éditions Bleue autour en 2009.

Stéphane Dudoignon est l’auteur d’une thèse sur les mouvements de réforme et de modernisation de l’islam centrasiatique, de la fin du XVIIIe siècle à 1937. Nous avons fait sa connaissance à Tachkent, quand il menait des recherches en tant que boursier de l’Institut français d’études sur l’Asie centrale durant les années 1994–1997. Etant boursier Lavoisier du ministère des Affaires étrangères attaché à l’Institut d’histoire de l’Académie des sciences du Tatarstan, il a travaillé à Kazan en 1997–1998. Il a été chercheur invité à l’Université de Tokyo de 1998 à 2000, avant d’être nommé chargé de recherche au CNRS, avec pour thème de travail les cultures et sociétés européennes puis turques et ottomanes.

Stéphane Dudoignon est aussi traducteur de plusieurs œuvres littéraires centrasiatiques en français, de l’ouzbek y compris, et fait partie des comités de rédaction desCahiers d’Asie centraleet de laRevue des mondes musulmans et de la Méditerranée.

Dans cet article nous allons examiner quelques fragments de la traduction française du roman réalisés par Stéphane Dudoignon.

Dans la première partie du livre intitulée «Nuit» le lecteur trouve des évenements où sont reflétées les meilleurs qualités des ouzbeks telles que la générosité, l’honnêteté, la franchise et la sincérité ainsi que les moeurs et la manière de vie du peuple.

Durant la lecture chacun et surtout les spécialistes de traductologie peuvent poser la question sur les moyens de traduction ou de transmission de l’ouzbek en français de scènes lièes à la manière de vie des gens. Notamment, la traduction des mots reflétant la mentalité ouzbèque tels quand on appelle quelqu’un celui repondant «labbaï» (je vous écoute, je suis à votre disposition) ou quand le mari appelle sa femme par le prénom de leur fils ou fille ainés ainsi qu’autres scènes purement nationales et les mots de réalité ouzbèque attire l’attention tant des lecteurs que des chercheurs. Ceci étant, la traductologie doit étudier et élaborer les principes de transmission en traduction des mots de réalité nationale de tel ou tel peuple. «Le fait que l’exigence et le bésoin en ouvrages traduits augmentent de jour en jour, il est demandé de nos traducteurs de traduire directement de l’original, tandis que les spécialistes de traductologie doivent les étudier en comparant l’original avec sa traduction». [1,c 24]

Le fait même que le roman de Tchulpân est traduit directement de l’ouzbek en français fut un événement remarquable. On remarque très bien que le traducteur a traduit ce roman ouzbek tout à fait national avec un grand enthousiasme et maîtrise. On peut citer comme exemple la traduction de la scène ou le mari appelle sa femme par le prénom de leur enfant ainé.

Dans l’original:

«O’zbeklarda har bir erkak o’z joufti-halolini qizi, o’ghlining nomini atab chaqiradi. O’z khotinining ismini aïtib chaqirich yaramaïdi. Khotinining ismi Maryam, qizining ismi Khadicha bo’lsa, mo’min-mousoulmon: — charmou hayo youzasidan bo’lsamikan? — khotinini Khadicha deb chaqiradi. Ona-bola baravar «labbaï» degan hollarda — chunday holatlar ham ouchrab touradi -: “Kattangni aytaman, kattangni!» deydi. Hatto chounda ham «Maryamni», demaydi.».. [2,c 15]

La traduction française:

«Chez les Ouzbeks, le mari n’appelle jamais sa femme par son véritable prénom mais seulement par celui d’une fille, voire, d’un fils qu’il a eus d’elle. Elle considéra même dégradant pour lui de prononcer le nom de son épouse légitime. Si par exemple une femme prénommé Mariam a donné à son mari une petite Khadidja, celui-ci, s’il est un authentique musulman, appelera son épouse “ Khadidja”. Est-ce par pudeur devant elle ou pour autre raison mystérieuse? Toujours est-il si les deux, la femme et lа fille, accourent ensemble à son appel, ce qui n’est pas rare, le veritable chef de famille qu’est le père renverra la plus jeune en lui criant: “C’est à ta mere que j’en ai, à ta mère!” jusque dans cette situation, on ne le surprendra pas à laisser échapper un “Mariam”.[3, c 24]

Si on ne porte pas l’attention au nombre de mots augmenté en français, la traduction est très adéquate. Cicéron (~106 — ~ 43), le premier théorécien de son époque en traductologie, disait qu’en traduction l’attention devra être porter non à la forme de l’original, mais à son contenu, et qu’il ne faut pas compter le nombre de mots, mais les peser. Ceci étant, dans les exemples sus-cités le traducteur pu trouvé la resolution de tels problèmes comme la transmission complète du contenu, de l’information nationale et culturelle qu’il contient ainsi qu’éviter la formation de la dissonance chez le lecteur.

Les problèmes de traduction des unités phraséologiques nationales (expressions idiomatiques, proverbes, formules de routine etc.) restent toujours opportuns et à débattre dans la traductologie. Les théoriciens bulgares S.Vlakhov et S.Florin ont aussi de juste raison constaté que sur la liste «des unités difficiles à traduire» les phraséologismes occupent la première place. Dans la pratique les traducteurs éprouvent des difficultés pour trouver des équivalents d’unités phraséologiques nationales et culturelles en langue de traduction. En effet, chaque langue a ses expressions idiomatiques, proverbes, formules de routine, ainsi que des mots et expressions allégoriques et ironiques, utilisés dans la vie matérielle, sociale et politique du pays. «La phraséologie de toutes les langues se formulent durant les siècles; étant l’organisation du système d’unités phraséologiques, elle réflète tant l’anciénété profonde, les processus d’interrelation des cultures que la spécifique du dernier système nationale de valeurs». [4,c 3] La tâche de traducteur est donc de trouver de bons équivalents dans la langue qu’il traduit des expressions constantes concernant la vie et le caractère du peuple parlant la langue de laquelle il traduit. Pour mener à bon son objectif, le traducteur doit avoir des larges connaissances dans les deux langues.

Stéphane Dudoignon, qui connait bien plusieurs langues, l’ouzbek y compris, a pu mener bien sa tâche. On peut la voir dans l’exemple sous-dessous.

En original:

«So’fi chou «bilmaysiz» degan narsaga toutoqib ketdi:

— Nega bilmas ekanman, aka! Bilib gapirsangiz-tchi!

— Jahlingiz tchiqmasin. Bilib gapirayotiman. Vataningiz — ota-onangiz o’tgan, o’z kindigingizdan qon to’kilgan, ota-ona arvohiga cham yoqiladigan joï emasmi?» [2]

Sa traduction:

“Ces mots firent bondir le soufi:

 — Et pourquoi, s’il te plait, n’en auras-je aucune idée? Parle donc toi-même de ce dont tu as idée?

 — Ne te mets pas en colère. Je sais ce que je dis. Ton chez –toi, est-ce que ce n’est pas le lieu où on vécu tes parents, où toi-même as vu le jour et où des cierges brûlent à la mémoire de tes aïeux?[3,c 22]

Outre cele, dans la traduction des mots de réalité ouzbèque, le traducteur a bien efficacement utilisé la méthode de translittération fondée. A la fin du livre il a donné 129 mots de réalité ouzbèque et les a commenté d’une manière trés exacte et compréhensible. Voici quelques uns d’eux: «soufi», «imam», «mingbachi», «zikr», «tchapane», «pilaf», «ayran», «qatlama» «tchaykhana».

Par exemple, en ouzbek:

“ — Men salla-to’nimni kiyib tchiqay. Joumani khonaqoda o’qiymiz. Ketch qoldik…

Akassi khonaqoga ketayotib, yana chou gapni qo’zghatdi.” [2]

La traduction française:

—“Je vais mettre mon tourban et mon tchapane. Nous ferons la prière à la mosqué. Nous sommes en retard…

Sur la route, son frère tenta de ravivrela discussion.” [3]

La translittération fondée sert à élargir les connaissances du lecteur et à enrichir son vocabulaire. Dans les commentaires de Stéphane Dudoignon le lecteur français apprend les nouveaux mots de réalité ouzbèque et formules de routine avec tous leur qualité nationale et caractère oriental. Voici quelques uns:

Parandji vêtement enveloppant les corps et la tête que portaient les jeunes filles et les femmes d’Asie Centrale, lorsqu’elles sortaient en ville;

Tchapane–manteau de coton piqué à rayures de couleurs, fourré d’ouate et ouvert sur le devant, porté jusqu’à nos jours en Asie Centrale.

Aка grande frère (par opposition, à uka, le frère cadet); par extension, après un nom propre (Mir Yacoub Aka) exprime la déférence à l’égard d’une personne plus âgée ou de plus grande autorité.”

Le traducteur farançais a également donné des explications à des nom propres tels que

Fuzuli Muhammad Sulayman ughli, dit Fuzuli (1498 -1556) poète turk d’Azerbaïdjan dont les ghazals, en particulier son “Leïli et Madjnoun” étaient répandus en Asie Centrale jusqu’au début de la période soviétique”

et Andidjan –cité caravanière située à l’est de la vallée de Ferghana, au pied de la chaîne du Tian-Shan, et porte de laChine”

ou Tochloq nom de trois villages de plaine de l’ancien district (uezd) d’Andidjan.”

Notre analyse de la traduction française du roman, sa comparaison avec l’original a abouti à des résultats très intéressants:

  1.                le traducteur s’est bien servi de la méthode de translittération dans la traduction des mots de réalité ouzbèque et formules de routine;
  2.                il a très efficacement utilisé les scènes liées à la mentalité nationale pour recréer la vision nationale du monde dans la traduction;
  3.                le traducteur a pu conserver dans la traduction les particularités de language des personnages;
  4.                il a pu créé, en respectant les principes d’assossiation et de connotation, une belle traduction française adéquate et parfaite.
  5.                en respectant les principes de traduction des unités phraséologiques nationales (expressions idiomatiques, proverbes, formules de routine etc.)

Pour conclure on peut constater que le roman de Tchulpân est traduit en français très soigneusement, les unités lexiques et phraséologiques nationales (expressions idiomatiques, proverbes, formules de routine etc.), les scènes de paysage, la psychologie des personnages ainsi que les propositions entières ont trouvé leurs bons équivalents français. Nous éspérons que la traduction française de ce roman de Tchulpân, effectuée par Stéphane Dudoignon fera l’objet de nombreuses recherches interessantes.

 

References:

 

  1.                Khalikova M. Frazeologuiya kak forma otragéniya nationalnogo mentaliteta v yazikovoy kartine mira (na materiale rousskogo i uzbekskogo yazikov) — Avtoreferat dissertasï na soiskanye outchyonoy stepeni kandidata filologuitcheskikh naouk. — Tachkent, 1999.
  2.                Tchulpân. Ketcha va koundouz. — Tachkent, 2011
  3.                Tchulpân. Nuit.- France: Bleu autour, 2009.
  4.                Vlakhov S., Florine S. Neperevodimoyé v perevodé. — Moscou: Mejdunarodnyé otnocheniya, 1980.
  5.                Fayzullayeva R. Natsionalniy colorit i khudojestvenniy perevod. — Tachkent: FAN, 1979.
  6.                Kholbekov M. O’zbekistonda targimachounoslik: an’analar va dolzarb mouammolar. // Adabiy aloqalar, adabiy ta’sir va tarjimachounoslikning dolzarb mouammolari. — Tachkent, 2010.

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